Une économie smart et collaborative pour sauver la planète

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L’accord historique signé lors de la COP21 a été l’occasion de mettre en avant les différents leviers à actionner pour tenter de limiter le réchauffement climatique et ses effets. Efficacité énergétique, réduction des émissions de gaz à effet de serre, renouvelables, recyclage… Les entreprises, qui étaient parties prenantes des négociations de ce sommet international, ont de nombreuses cartes en main.  Quelles sont-elles ? En quoi le digital peut-il être un instrument efficace au service du climat?

Le succès de la COP21 n’est pas forcément celui que l’on croit. Oui, l’accord signé par les 195 pays du sommet international sur le climat qui s’est tenu en décembre dernier est un tour de force et a été applaudi. Mais l’une des grandes avancées de cette rencontre était en parallèle la place des entreprises, conviées cette fois-ci aux discussions. A l’opposé de l’absence de dialogue qui participait à l’échec de Copenhague, à Paris Laurent Fabius a affirmé que ce sont bien les entreprises qui garantissent la capacité des Etats à tenir les engagements qu’ils prennent. Car lorsqu’un pays annonce la réduction de sa consommation d’énergie, la réalité de cette promesse repose sur le potentiel de ses industries à développer rapidement des solutions plus économes en énergie et/ou qui permettent de capturer ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les entreprises ont à leur disposition un certain nombre de leviers à actionner pour plus de frugalité. Et le digital en particulier est un instrument intéressant et efficace pour accélérer la mise en œuvre effective de ces engagements.

De multiples leviers (connectés)

Le premier levier est bien sûr celui de l’efficacité énergétique. Cela fait déjà dix à quinze ans, selon les secteurs, que les entreprises se sont emparées de ce sujet, en améliorant l’existant ou en réinventant la conception même des produits et des services. Le second concerne l’optimisation de l’offre et de la demande. Par exemple, dans le cas du smart grid, vous captez et combinez des sources d’énergie variées et renouvelables tout en optimisant la gestion de la demande grâce aux compteurs connectés. Ainsi, le fameux Linky permet d’une part au consommateur d’être informé et donc de gérer sa consommation et d’autre part au distributeur de piloter la demande pour réduire les pics de consommation. Cette logique de réseau permet donc de mieux équilibrer l’offre et la demande et d’optimiser les flux.

Mais le levier qui me semble le plus enthousiasmant est le dernier, la création de nouveaux business models. Nous pouvons passer d’une économie linéaire – avec des ressources transformées en produits ou en services qui produisent des déchets abandonnés ou stockés – à une économie circulaire qui valorise ces déchets pour les intégrer dans un nouveau cycle, voire les réintégrer dans le cycle existant. Comme l’aluminium usagé qui, une fois nettoyé, peut être réutilisé lors du processus de fabrication de… l’aluminium. La boucle est bouclée ! Danone travaille ainsi sur un nouveau modèle de gestion de ses ressources, réfléchit aux problématiques liées aux emballages et au gaspillage alimentaire dans une approche dite d’économie circulaire.

Mais ce n’est pas la seule option. Les plateformes collaboratives sont, par exemple, des modèles « sans actifs » : le plus grand opérateur de taxis au monde ne possède ainsi aucune voiture, et le plus grand hôtelier de la planète aucun bâtiment ! Malgré les polémiques qu’ils suscitent quant au solde d’emplois nets de cette économie de plateformes, ces modèles se révèlent particulièrement efficaces en matière d’empreinte carbone, car ils utilisent des ressources disponibles fortement sous-utilisées.

Le digital, meilleur allié de l’environnement

Aujourd’hui, ces nouveaux business models ne sont pas pris en compte dans les engagements des pays dans un contexte comme celui de la COP21. En effet, nous ne sommes qu’au tout début de cette révolution, et personne n’est pour l’instant en mesure d’évaluer leur impact réel sur les émissions des Etats. C’est d’ailleurs ce qui me rend très optimiste quant à notre capacité à dépasser les promesses de l’accord signé en décembre. L’économie du partage se démocratise : la jeune génération n’est plus obsédée par la possession, le besoin d’acheter une voiture, par exemple.

Toutes ces plateformes se développent grâce aux outils numériques : les applications smartphone, la collecte et le traitement de données en temps réel – sur la disponibilité des véhicules et des logements, comme sur les besoins des consommateurs. Voilà pourquoi le digital permettra de tendre vers un meilleur contrôle de l’environnement et de nos émissions. De quoi en faire un formidable levier d’accélération de la transformation de l’économie vers des modèles plus frugaux.

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