Le social gaming : le nouveau terrain d’expression du storytelling des entreprises ?

Storytelling

Qui n’a pas en tête les longs moments passés sur un jeu vidéo, sur sa console ou son smartphone ? Qu’il s’agisse de vous-même, de quelqu’un de votre entourage ou d’une personne rencontrée dans les transports en commun, les yeux rivés sur son écran. Le profil du joueur a évolué. Il ne s’agit plus seulement des adolescents mais concerne à présent davantage les femmes d’environ 35 ans, adeptes des jeux sur mobiles et social gaming.

Les grands jeux offrent aux joueurs l’opportunité d’être des héros, d’expérimenter, de se perfectionner pour sauver le monde. Mais comment tous ces jeux génèrent-ils une telle concentration, un tel niveau d’engagement et d’adhésion ? Comment les leaders peuvent-ils s’en inspirer pour développer par exemple la collaboration et l’attachement de leurs employés à l’histoire de l’entreprise ?

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La « bonne histoire », élément-clé d’un jeu d’entreprise efficace

S’inspirer des jeux vidéo ne signifie pas reproduire un jeu vidéo, ni simplement introduire du « fun » dans l’entreprise. Tels des alchimistes, les créateurs de jeux vidéo ont surtout réussi le miracle de générer une motivation sans faille chez les joueurs, de susciter le désir de jouer, encore et toujours, avec l’objectif ultime de terminer le jeu. Et pour cela, les ingrédients sont finalement assez simples :

  • Créer le sentiment d’autonomie chez le joueur, en l’aidant à visualiser ses progrès via des scores, des statistiques
  • Générer un désir de compétition via des objectifs à atteindre, la matérialisation de l’atteinte de ces objectifs par des statuts, des badges, des diplômes, des tableaux de classement
  • Permettre de connecter les joueurs entre eux afin de susciter l’entre-aide

Toutefois, il manque à cette liste un ingrédient essentiel : la scénarisation.

Et en entreprise, c’est bien cette scénarisation qui permet une combinaison efficace des principes et mécaniques du jeu vidéo avec les enjeux business. Ainsi, Gartner prédisait qu’en 2014, 80% des procédés de gamification mis en place par les entreprises seraient des échecs, suite à une mauvaise scénarisation. Elle permet de générer une motivation intrinsèque chez le joueur et de le guider dans son processus d’apprentissage et d’adhésion.

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Dès lors, comment reconnaît-on une « bonne histoire » ?

Peu importe la raison pour laquelle le joueur est là, ce qui compte, c’est qu’il soit là. Le jeu vidéo a réussi ce que tout bon leader storyteller cherche à faire : capter l’attention du joueur par une scénarisation poussée, impliquer les joueurs émotionnellement, susciter l’appartenance à une équipe, faciliter la projection, créer du sens et surtout donner envie de continuer à écrire l’histoire. Et le créateur du jeu vidéo disparaît, tout comme doit le faire le leader, au profit des joueurs / collaborateurs qui s’approprient l’histoire. Fortes de ce constat, les entreprises peuvent ainsi utiliser ces techniques pour raconter autrement leur histoire, leurs valeurs et impliquer les collaborateurs dans la construction de l’entreprise.

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Le storytelling élément-clé de la marque employeur

Nombreuses sont les grandes entreprises qui depuis quelques années ont développé des jeux immersifs pour démystifier leurs métiers, attirer de jeunes talents ou accélérer l’intégration des nouveaux collaborateurs.

Par extension, l’utilisation des jeux en interne s’est également multipliée. Mieux informés sur les tendances de leur secteur et prêts à proposer de nouvelles idées par le jeu et la collaboration, les employés sont également plus engagés dans l’entreprise et à même de comprendre ses orientations stratégiques.

Accenture dispose de nombreuses expériences dans le domaine et a notamment développé le jeu Superhero Collaboration Game fin 2014. Transformés en superhéros voyageant sur l’Ile de la Performance, et emmenés par les leaders de l’entreprise, les employés apprennent au travers de 11 chapitres et plus de 2000 questions de nombreuses informations sur l’entreprise et ses valeurs.

Immergés dans le cadre d’une histoire fictive, les collaborateurs retiennent plus facilement l’information, et se voient inconsciemment encouragés à travailler en collaboration avec d’autres services au sein de l’entreprise, et à profiter des différentes expertises.

L’histoire de l’entreprise, les valeurs, sont ainsi racontées autrement, et prennent sens. Partage, travail d’équipe, collaboration sont des valeurs fortes chez Accenture qui se présente comme « One Global Network », et deviennent primordiales pour achever le voyage. Jeu et réalité s’entremêlent alors, la communauté du jeu atteint des objectifs communs à ceux d’Accenture, le partage de savoir et la collaboration. Le défi est alors réussi : la gamification, servie par un storytelling finement pensé, a augmenté la motivation et l’engagement des employés.

 

Et demain ?

La digitalisation de l’entreprise associée aux neurosciences et aux « gamification analytics » ouvre de nouvelles perspectives… et si demain nous pouvions exploiter l’extraordinaire énergie positive des joueurs pour transformer nos sociétés ? La gamification devient un immense terrain de jeu, sur lequel leaders et collaborateurs agissent en équipe, unis autour d’un même objectif : la performance et de l’humanisation de l’entreprise.

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