Comment préparer son IT et son organisation aux environnements intelligents ?

A l’heure de l’explosion des services intelligents, les infrastructures des entreprises sont-elles compatibles avec cette évolution? Oui et non, répond Marc Carrel-Billiard Directeur Général R&D d’Accenture Monde.

Les entreprises ont aujourd’hui des services intelligents dispersés un peu partout dans leurs services et fonctionnant sur des architectures très différentes. Or les nouvelles tendances du tout connecté et du software intégré dans les produits comme Alexa, les voitures autonomes, la domotique, la santé, etc, nécessitent de nouvelles architectures. Et là où pendant des années l’informatique était le royaume du software, le hardware revient aujourd’hui sur le devant de la scène.

Pour développer de l’IA efficace, les entreprises doivent repenser leurs infrastructures. Elles ne peuvent plus se contenter de processeurs centraux uniques mais doivent utiliser des architectures taguées comme Graphics Processing Unit (GPU). Basées sur des architectures de processeurs massivement parallèles, ces infrastructures permettent de travailler sur un apprentissage efficace des réseaux neuronaux.

Face à la myriade d’architectures de processeurs, toute la problématique des entreprises sera de savoir quelles architectures choisir. Dans le cas de la voiture autonome, par exemple, est-il préférable de collecter et traiter les données dans l’habitacle de la voiture, dans le Cloud, ou les deux ? Cette question est au cœur du projet du cockpit du futur de Faurecia. Grace à cet habitacle connecté, Faurecia permet au conducteur et passagers de travailler, de regarder des films, de téléphoner, en accédant à leurs environnements digitaux quotidiens et cela sans rupture aucune entre l’intérieur et l’extérieur de la voiture. Mais pour développer un tel projet il faut collecter des données et travailler sur cet équilibre entre processing et data située dans la voiture et dans le Cloud.

Des talents sont nécessaires au développement de ces infrastructures intelligentes. Les entreprises ont besoin de hard skills – compétences techniques et académiques – et de soft skills – compétences émotionnelles et relationnelles. Elles doivent donc mettre en place des écosystèmes constitués de compétences très diverses : médecins, scientifiques, psychologues, chimistes, mathématiciens, informaticiens, etc. Grace à cette diversité de profils, Accenture et BioGen ont considérablement accéléré la découverte de nouveaux médicaments dans le cadre d’un projet mené conjointement.

Développer des services intelligents nécessite donc de repenser les infrastructures informatiques et de s’entourer de compétences très diverses.