Confidences du co-fondateur d’Apple

Confidences de Steve Wozniak, co-fondateur d'Apple

En 1975, jeune ingénieur chez HP, Steve Wozniak construisait son premier micro ordinateur. Son ami Steve Jobs perçut tout le potentiel de l’informatique personnelle. Si le reste appartient à l’histoire, le co-fondateur de la plus grande marque mondiale nous a exposé dans un entretien sa vision de l’entrepreneuriat et du numérique.

Reconnu comme un visionnaire en matière de technologie, Steve Wozniak partage sa vie entre des activités philanthropiques et la direction scientifique de Fusionio, fabricant de mémoires flash pour serveurs et centres de données.

 

Interconnexions

Dans son entretien avec Mike Sutcliff, Directeur d’Accenture Digital, Steve Wozniak remarque en premier lieu que le traitement de l’information s’est déplacé : des terminaux — de plus en plus mobiles — vers les centres de données qui supportent Internet. Au-delà, il est frappé par l’interconnexion croissante des bases de données : « Une seule d’entre elles ne suffit pas à apporter une réponse. Il faut faire beaucoup de comparaisons et puis d’un coup une base de données va vous suggérer quelque chose : par exemple, quand vous préparez un itinéraire routier, le programme vous informera automatiquement des conditions de circulation ».

 

Des robots assistants de vie

Selon le co-fondateur d’Apple, la robotique représentera la prochaine lame de fond. « J’aime toujours évoquer l’idée suivante : que quelqu’un construise une machine capable de me servir une tasse de café, chez moi. Un jour, un jeune va s’emparer de cette idée et en faire son but dans la vie. C’est ainsi que les choses se passent : les jeunes ne se fixent pas de frontières ». Appliquée à l’automobile, sa vision de la robotique prend la forme d’assistants autonomes qui nettoieraient le véhicule en notre absence, qui prendraient en charge la conduite avec une acuité, une précision et une vitesse bien supérieures aux capacités humaines, pour une sécurité accrue.

 

Aux sources de la motivation

Interrogé sur ce qui l’a conduit à fabriquer un premier micro ordinateur en 1975, Steve Wozniak évoque son ignorance, à l’époque, des langages de programmation. La toute jeune entreprise Apple était conviée à participer au salon de l’électronique de Las Vegas (CES), mais sans lui. Son défi : réussir à programmer en deux semaines un système sur disquette souple, afin de participer au CES avec Steve Jobs. « Je n’avais jamais travaillé sur un logiciel ou autre matériel associé à des disques informatiques. Mais si vous faites partie des personnes capables d’envisager un problème et d’assembler les éléments pour définir la meilleure voie possible, vous y parviendrez. »

Voilà donc les ressorts de sa motivation : présenter son innovation et visiter une ville qui le faisait rêver… « Cela ne se déclenche pas par un salaire ou des actions mais résulte d’une passion personnelle, profondément ancrée dans une personne qui entend démontrer ses idées. C’est comme cela que l’on crée des produits incroyables et un travail incroyable. Nous ne disons pas aux personnes que leurs idées sont erronées, ce n’est pas ainsi que nous procédons. La culture d’entreprise s’acquière parfois en chemin ».

 

L’obsession de l’excellence

Étudiant, Steve Wozniak était si passionné d’électronique qu’il multipliait les cours et les lectures sur le sujet. Dans un monde devenu numérique et logiciel, la maîtrise des mathématiques et du calcul lui semble moins cruciale même s’il est intéressant de comprendre ce qui est sous-jacent au code pour créer un avantage concurrentiel. Mais l’essentiel selon lui consiste à recruter des ingénieurs passionnés et ambitieux ou à leur inspirer ces qualités. Avec le réflexe systématique d’analyser ce que l’on produit, et de se demander en quoi et comment on pourrait le porter vers l’excellence.

« J’ai enseigné à des étudiants de master et de doctorat, et j’ai remarqué que les meilleurs d’entre eux allaient toujours au-delà de ce que je leur demandais. Ils étaient capables de créativité. Ils ne cherchaient pas à obtenir la réponse conventionnelle, identique pour tout le monde. Ils ajoutaient leur touche personnelle ». Cependant l’idée seule ne suffit pas en entreprise. Les dirigeants ont ainsi besoin de bâtisseurs, aguerris par les projets réalisés. La capacité à transformer le rêve en réalité reste le nerf du monde économique.

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